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Urgence 117

Alarme maison ou appartement : comment choisir, ce que disent les polices romandes

Publié le 05.11.2026 · StopCambriolage

Une alarme rassure, mais elle ne remplace ni une porte solide ni de bonnes habitudes. Avant de signer un contrat ou de commander un kit, il vaut la peine de savoir ce qu’une alarme fait vraiment, ce qu’elle peut vous coûter au-delà de son prix d’achat et quelles règles s’appliquent en Suisse romande. Ce guide rassemble ce que publient les polices cantonales et les textes officiels, sans recommander de marque.

Le contexte : en 2025, la police a enregistré en Suisse 46’636 vols par effraction et par introduction clandestine, et 19,6 % des vols par effraction ont été élucidés (OFS, statistique policière de la criminalité 2025). Autrement dit, la prévention compte davantage que l’espoir de retrouver ses biens.

1. Commencer par l’essentiel, avant l’électronique

Les conseils de base des polices romandes sont les mêmes chaque automne : ne pas laisser d’objets de valeur à portée de main, simuler une présence, verrouiller systématiquement portes et fenêtres, ne jamais cacher de clé à l’extérieur, prévenir ses voisins de son absence, vider sa boîte aux lettres et ne pas annoncer ses absences sur les réseaux sociaux (communiqué des polices romandes, 6 novembre 2025). Une alarme ne compense pas une fenêtre restée en imposte ou une clé sous le paillasson.

Le même communiqué ajoute un conseil souvent oublié : « Demandez conseil ». De nombreux corps de police et des entreprises privées disposent de conseillers en sécurité. Dans le canton de Vaud, la Police cantonale propose une analyse sécuritaire de votre logement, gratuite et réservée aux habitants, entreprises et institutions du canton : un chargé de prévention se déplace, contrôle le bien et ses accès, et donne des conseils sur les comportements, les obstacles physiques et les alarmes électroniques. La demande se fait par e-mail à la Division prévention de la criminalité (prevention.criminalite@vd.ch), en indiquant votre téléphone, l’adresse et le type de bâtiment ; le délai annoncé est d’environ trois semaines.

Commencer par cet avis neutre évite d’acheter une alarme pour un problème qui se règle avec une serrure ou un éclairage.

2. Ce qu’une alarme fait, et ce qu’elle ne fait pas

Une alarme détecte une ouverture ou une présence et déclenche une réaction : une sirène et une lumière sur place, une notification sur votre téléphone, ou un appel à une centrale. Elle ne retarde pas l’effraction elle-même : c’est le rôle des protections mécaniques (porte, cylindre, fenêtres). Les deux se complètent : la mécanique fait perdre du temps, l’alarme donne l’alerte pendant ce temps.

On distingue en pratique trois niveaux.

  • L’alarme locale : sirène et flash sur place. Elle vise à faire fuir et à alerter le voisinage. Elle suppose que quelqu’un réagisse.
  • L’alarme connectée : elle vous prévient sur votre téléphone. C’est vous qui décidez d’appeler le 117 ou un voisin. Si vous êtes à l’étranger ou injoignable, l’alerte peut rester sans suite.
  • La télésurveillance : l’alarme est reliée à une centrale privée qui vérifie l’alerte et, selon le contrat, envoie un agent ou prévient la police. C’est un abonnement.

3. Télésurveillance : une activité soumise à autorisation

Le Concordat sur les entreprises de sécurité, appliqué par les cantons romands, vise notamment « la surveillance ou la garde de biens mobiliers ou immobiliers », y compris lorsqu’elle est assurée au moyen d’installations comme des centrales d’alarme, dès qu’elle est exercée par une entreprise pour des tiers, sous contrat de mandat (art. 4). Exploiter une telle entreprise ou exercer ces activités exige une autorisation préalable (art. 7) (Concordat sur les entreprises de sécurité, RSG I 2 14).

Avant de signer un contrat de télésurveillance avec intervention, demandez donc à l’entreprise son autorisation, et lisez ce que prévoit le contrat en cas d’alerte : qui vérifie, qui se déplace, dans quel délai, à quel prix par intervention.

Dans le canton de Vaud, les conseillers en sécurité, les installateurs d’alarme et les entreprises de maintenance doivent en outre annoncer leur activité à la Police cantonale (Bureau des alarmes et entreprises de sécurité), selon l’article 7 de la loi vaudoise sur les entreprises de sécurité (vd.ch). Un professionnel sérieux saura vous le confirmer.

4. La fausse alarme se paie

C’est le coût caché le plus fréquent. Quand une alarme déclenche une intervention de police sans raison, plusieurs cantons facturent un émolument :

Les tarifs changent : vérifiez ceux de votre canton au moment de l’achat. Pour limiter les fausses alarmes : choisissez des détecteurs adaptés aux animaux si vous en avez, formez chaque personne qui a les clés, et préférez un système qui permet une vérification (caméra, appel de contrôle) avant d’alerter quiconque.

5. Le raccordement direct à la police est l’exception

Beaucoup imaginent qu’une alarme « appelle la police ». En réalité, pour un logement privé, ce n’est en général pas le cas. À Neuchâtel, par exemple, les entités privées ne peuvent être raccordées qu’à un centre collecteur d’alarme ; seuls les bâtiments d’intérêt public et les entreprises à risque peuvent l’être à la centrale de police (RSN 561.13, art. 13 et 15). À Genève, le raccordement d’une alarme silencieuse aux tableaux de la police coûte 900 francs de branchement et 450 francs par an (RSG F 1 05.15, art. 8). Pour un particulier, la question est donc plutôt : qui reçoit l’alerte, et que fait-il ?

6. Caméra et alarme : attention au voisinage

Beaucoup d’alarmes récentes intègrent une caméra. Surveiller son propre terrain ne demande pas d’autorisation particulière. En revanche, si la caméra couvre une zone que d’autres utilisent aussi (garage, buanderie, accès commun) ou peut filmer vos voisins, ceux-ci doivent être consultés au préalable ; toute personne filmée peut demander à voir les images qui la concernent et leur effacement (Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence). Notre article sur la caméra de surveillance et la loi détaille les règles.

Maison ou appartement : par où commencer

En appartement, la porte palière est presque toujours le point d’entrée principal, avec les fenêtres et balcons faciles d’accès au rez-de-chaussée ou au dernier étage. Une bonne serrure et un cylindre de qualité passent souvent avant l’alarme. Si vous êtes locataire, une alarme sans fil, démontable, évite les travaux ; parlez-en à la gérance pour tout perçage.

En maison, les accès sont plus nombreux (portes-fenêtres, sous-sol, garage) et le voisinage plus éloigné. Un éclairage extérieur à détection, des fenêtres sécurisées et une alarme qui prévient quelqu’un de joignable forment un ensemble cohérent. Si vous vous absentez souvent, la question de la télésurveillance se pose davantage.

Dans les deux cas, demandez au moins deux offres détaillées : matériel, installation, maintenance, abonnement éventuel, durée d’engagement, coût par intervention. Comparez-les à l’aide du comparateur de solutions, qui indique aussi les limites de chaque option.

Les questions à poser avant de signer

  • Qui reçoit l’alerte, et que se passe-t-il ensuite (sirène, appel, déplacement d’un agent) ?
  • L’entreprise d’intervention dispose-t-elle de l’autorisation prévue par le Concordat ?
  • Combien coûtent l’abonnement, la maintenance et chaque intervention ? Quelle est la durée minimale du contrat et le délai de résiliation ?
  • Que se passe-t-il en cas de panne de courant ou de coupure internet ?
  • Comment éviter les fausses alarmes, et qui paie l’émolument si la police se déplace pour rien ?

Questions fréquentes

Une alarme est-elle obligatoire pour être assuré contre le vol ?

Aucune loi ne l’impose pour un logement privé. Ce sont les conditions de votre contrat d’assurance ménage qui font foi : lisez-les, ou demandez-les à votre assureur, en particulier pour les objets de grande valeur.

Mon alarme appellera-t-elle directement la police ?

En général non pour un particulier : l’alerte arrive sur votre téléphone ou chez une centrale privée, qui décide d’appeler la police. Le raccordement direct à la police est réservé à certains bâtiments et entreprises, et il est payant.

Combien coûte une fausse alarme ?

Selon le canton : 300 francs par intervention à Genève, 500 francs par déplacement selon l’arrêté neuchâtelois, de 400 à 530 francs à partir de la deuxième fausse alarme de l’année dans le canton de Berne (tarifs publiés, à vérifier au moment de l’achat).

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